top of page

Home sweet home

  • Photo du rédacteur: Citrouille & Café
    Citrouille & Café
  • 12 sept. 2019
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 sept. 2019

Réaliser ses rêves est le but d’une vie, se dire qu’on a finalement pu faire ce qu’on voulait, que ça soit une bonne ou une mauvaise expérience. C’est important de ne pas regretter et de se dire « je l’ai fait, je suis allée au bout de mes rêves, je me suis donnée les moyens d’y arriver ».


Et c’est de ça dont j’ai envie de parler : j’ai réalisé mon rêve, mais pour cette première semaine au Canada il a un léger goût amer.


Tout se bouscule, je n’ai pas le temps de penser à ceux qui me manquent. Je dois meubler mon appartement, me construire un foyer. Et quelle joie ! Tout acheter, tout recommencer. S’en suit une folie acheteuse. Il nous faut un lit, mais un bon quand même, de l’électroménager, mais du bon, pas comme à la maison en France, si déjà on recommence autant le faire bien. Mais il faut quand même se sentir comme à la maison, pour ne pas être trop dépaysé d’un coup. Donc on achète une bonne machine à café, des verres qui ressemblent à ceux qu’on avait… mais en même temps on prend un nouveau départ donc on n’achète pas ce qui ressemble de trop à ce qu’on avait avant. Rien n’est logique, on se fie seulement à nos envies, à notre joie de pouvoir faire ce qu’on veut. De toute façon on n’a pas vraiment le choix, la famille n’est pas là pour nous aider, nous donner des meubles, la vieille cafetière que personne n’utilise et qui traîne à la cave.



L’appartement commence à se remplir et on commence à se sentir chez nous. Et quel sublime appartement dans une maison si belle ! C’est un merveilleux sentiment de voir son foyer prendre forme petit à petit.

On repart de zéro, on essaie de vivre la vie qu'on a toujours voulu. C'est un excellent moyen de prendre les bonnes habitudes.



Je réalise enfin que je suis au Canada pour réaliser mon rêve. C’est une aventure merveilleuse qui nous attend, de nouvelles expériences fantastiques ! Je suis heureuse d’être là et mon humeur est plus joyeuse (pour le plus grand bien de mon mari et nos amis). Et puis je réalise qu’une partie de ma famille ne verra sûrement jamais mon nouveau chez-moi. Que je ne pourrais pas leur montrer avant un certain temps, un an, deux ans, trois ans… Je me transforme en monstre. Je suis en colère, je suis triste. Mais ça ne dure qu’une heure. Pas le temps d’être mauvaise, il faut aller acheter un nouveau canapé !




La cuisine est la première pièce qu'on a meublé. On n'a pas encore de canapé mais au moins on peut manger !



La vie s'organise en fonction des horaires d'ouverture des magasins, les cartons s'accumulent et jonchent le sol, ils servent même de meuble eux-mêmes. Heureusement que nos deux amis étaient là pour nous aider à tout installer et pour me changer les idées pendant cette période si étrange pour moi. Les pauvres, ça n'étaient vraiment pas des vacances pour eux ! (Promis la prochaine fois on vous traitera comme des princes !)



C’est épuisant de changer d’émotion plusieurs fois par jour. Je suis épuisée, mon corps ne tient plus la distance, je suis malade. Je n’ai pas une santé de fer, ceux qui me connaissent le savent et doivent supporter mes changements d’humeur causés par la douleur. Ce n’est déjà pas facile en temps normal alors là, c’est un calvaire, tant pour les autres que pour moi.

Mais je me repose, je reprends du poil de la bête, j’essaie de passer outre la douleur. Il y a des ratés, des disputes illogiques avec mon époux, qui se trouve dans un état physique et émotionnel assez proche du mien. Nous sommes des bombes à retardements, prêtes à exploser à tout instant. On s’aime tendrement un jour, on est heureux d’être là puis on ne se supporte plus, on râle pour des choses stupides. Un couple classique en soit, mais on passe de l’un à l’autre cent fois dans une journée.


La vie reprendra bientôt son cours normal, la routine s’installera à nouveau, tout rentrera dans l’ordre. En attendant on essaie de rester souder, mais pas trop quand même pour ne pas trop se disputer et rester marié.


Parmi toutes ces émotions, les pires je crois sont celles que j’anticipe. J’ai cette fâcheuse tendance à ressentir des émotions en avance, en prévision d’autres émotions qui surviendront sûrement, peut-être, peut-être pas. La pire c’est l’angoisse à l’idée que ma famille va me manquer.

J’ai cette brumeuse sensation d’être en vacances, d’explorer un nouveau pays de manière temporaire. J’ai l’impression que je vais revoir ma famille très vite. Puis je me rends compte que ça ne sera pas le cas. Tout va bien pourtant, je suis parti il y a moins d’une semaine, je suis déjà restée plus longtemps sans les voir. Mais je sais qu’au bout de quelques mois le manque se fera sentir. Quand la routine sera installée, quand ma vie sera plus calme, ma famille et mes amis me manqueront terriblement. Et j’angoisse en avance. Je suis triste à l’idée d’être triste. Mais ces émotions anticipées ne durent qu’un instant, c’est un pic de panique, comme quand on pense avoir perdu quelque chose alors qu’en réalité on l'a dans la poche.


Je ne suis pas dans mon état normal, je suis d’humeur changeante, d’ange je passe à démon en quelques instant. Je suis épuisée, je n’aspire qu’à une chose c’est reprendre le cours normal de ma vie. Mais il ne le sera pas avant un certain temps, je suis au Canada après tout, je commence une nouvelle vie.



J’ai écrit la première partie de cet article la première semaine de mon arrivée au Canada. C’est avec émotions que je relis ces mots. Je voulais vous les partager pour vous montrer par quoi je suis passée en arrivant. J’ai été très affectée par ce départ loin des miens mais je suis fière aujourd’hui de l’avoir fait. Très honnêtement je ne m’en sentais pas capable et je pensais que j’allais en souffrir pendant les 6 premiers mois.


Ça fait presque deux mois que je suis ici et je peux actuellement dire que je vais bien. Mes émotions aussi se portent mieux et ont arrêté de me torturer. Le manque familial se fait toujours sentir, il m’arrive d’être triste à l’idée de ne pas être auprès des miens mais ça ne dure qu’un temps.

Par contre il y a des situations plus difficiles que d’autres. Parlons notamment du décalage horaire. Je suis une adulte, une jeune femme de 26 ans mais je serais toujours une petite fille quand je suis malade. La seule personne capable de m’apaiser dans cette situation c’est ma merveilleuse maman. J’avais donc pour habitude de lui téléphoner à chaque fois que ma vie était en jeu (donc à chaque grippe, gastro, bronchite… Vous vous souvenez du sens du drame ?). Me voilà donc sur mon canapé, entre la vie et la mort, ne sachant que faire. J’ai donc tout naturellement pris mon téléphone pour appeler la seule personne au monde capable de m’aider…. Et je n’ai pas téléphoné parce qu’il était presque une heure du matin en France (et que je tiens à la vie. Ma merveilleuse maman aurait été capable de venir m’en coller une si j’avais appelé à cette heure pour un mal de ventre!). Dans un sens ça aide à relativiser et à se dire qu’on est capable de s’en sortir seule même si ce n’est pas agréable. Mais on s’entend que si la prochaine fois que je suis malade il n’est pas trop tard en France, j’appellerai ma maman !


Ce qui m’aide également c’est prévoir la venue de mes proches. Bien évidemment je sais que ça ne sera pas pour tout de suite mais j’aime penser à leur venue. Planifier des activités, repérer des lieux à visiter. Je me fais des listes de choses qui pourraient leur plaire et ça m’apaise.


Mon appartement est meublé, douillet, il prend vie petit à petit, les choses prennent place tout doucement. Je commence à me projeter et à entrevoir le pourquoi je suis venue ici, je suis enfin chez moi.




2 Comments


Citrouille & Café
Citrouille & Café
Sep 13, 2019

C'est quand tu veux 🎃🖤 Ta chambre est prête 😛

Like

Jennifer Barbin
Jennifer Barbin
Sep 13, 2019

Vite vite que je vienne visiter ton chez toi 😍😘

Like
Post: Blog2_Post

Subscribe Form

Thanks for submitting!

  • Facebook

©2019 par Citrouille & Café. Créé avec Wix.com

bottom of page