top of page

Le départ

Photo du rédacteur: Citrouille & CaféCitrouille & Café

Cela faisait des années que j’en parlais, des années que ce n’était qu’une idée, qu’un rêve lointain, sûrement irréalisable. Et me voilà aujourd’hui, en train d’écrire, confortablement assise sur un énorme fauteuil, dans mon appartement au Canada.


J’ai grandi entourée par ma famille, par ma GRANDE famille. J’ai également vécu ces 10 dernières années entourée par des amis formidables. Leur dire au revoir a été terriblement difficile. Mais je suis partie entourée par ceux que j’aime. Ils se sont déplacés à la gare pour me voir partir, pour me soutenir, pour pleurer avec moi. Il était 5h du matin, pas un chat à la gare, à l’exception du mien. Cette journée a été terrible, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Je suis passée par tellement d’émotions différentes !

La joie immense de partir, de recommencer une nouvelle vie, de réaliser mon rêve !

La peur de tout recommencer, de se retrouver seule dans un nouveau pays.

Le stress du voyage, le mal du transport.

La tristesse si intense de quitter les miens, de dire au revoir à mes parents, mes sœurs, mes amis…



Je suis à la gare, je regarde le train avec tellement d’envie, de peur, de peine et de joie. Je sais que je vais bientôt devoir monter les marches, m’installer sur mon siège. Les minutes qui me séparent de ce moment me semble si longues et courtes à la fois. Et puis c’est l’heure. Je n’arrive pas à me décrocher des bras de mon père, je pleure comme une fontaine et puis finalement je ne veux plus y aller. Je monte dans le train, ça me déchire, je regrette tout, mon rêve n’a plus d’importance. Je regarde mes amis et ma famille à travers la vitre et j’essaie d’enregistrer leurs visages dans ma mémoire. Je sais que ce n’est pas la dernière fois que je les verrais mais j’ai toujours eu le sens du drame. Le train démarre et je continue de pleurer en les voyant s’éloigner. Je me met en boule, je pense à tellement de choses, mon esprit glisse sur tous les souvenirs de mon enfance à aujourd’hui… Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? A quoi ça sert de vivre à l’autre bout du monde sans sa famille… Étant très malade dans les transports en commun et en particulier les TGV, mon corps à ce réflexe merveilleux de se mettre en veille très rapidement. Je ne passe donc pas les deux heures de train à me morfondre et je m’endors très rapidement.


On arrive à Paris. Mon mari me réveille doucement. Il a été tellement parfait tout le long du voyage ! On descend du train et on avance vers je ne sais où. Je suis complètement perdue, je suis le troupeau. On avance dans l’aéroport, on doit se diriger vers notre porte d’embarquement. Ah oui c’est vrai, le voyage ! L’avion ! Il faut s’enregistrer, passer la sécurité… Mais j’ai un chat ! Comment est-ce que je vais faire ? Je ne peux pas le sortir de sa cage, ça va être un enfer. Et si jamais il s’enfuit…Je stress et je ne tiens pas en place. Je me dirige paniquée vers l’agent de sécurité le chat bien en évidence. Elle a été d’une immense gentillesse et d’une grande compréhension. Je n’ai pas besoin de sortir mon chaton de sa cage, il a le droit à une radio gratuite. Nous voilà donc dans le duty free, on se dirige tranquillement vers notre porte d’embarquement et on attend. Je réalise vraiment à ce moment que je vais au Canada, je prends un nouveau départ sur une terre pleine d’opportunités ! Je suis heureuse d’être là.




On se pose patiemment pour attendre notre vol, 3h d’attentes interminables. Je discute avec un québécois très sympathique, qui revient de Singapour, il est habitué au voyage, son fils habite à l’autre bout du monde mais il le vit bien. Il lui rend visite quand il le peut, il est heureux pour son fils et son fils est heureux… Ça me rassure un peu. Je vais m’en sortir moi aussi, je vais avoir la vie que j’ai toujours voulu. On partage des gâteaux et c’est l’embarquement. Je tiens difficilement sur mes jambes, je suis si faible. Ces 7h d’avions sont attendues avec impatience : je vais pouvoir me reposer et en profiter pour dormir, enfin j'espère.



Il est important de préciser que je voyage avec mon chat en cabine. Se rajoute donc l’inquiétude constante qu’il lui arrive malheur. J’ai de la peine à le voir dans sa petite cage, entouré de gens et de sons qu’il ne connaît pas. Et je m’inquiète bien évidemment de ce qu’il pourrait se passer pendant le vol. Et s’il est malade ? J’espère qu’il ne fera pas trop de bruit et qu’il n’aura pas trop peur.

Le vol se passe heureusement sans encombre. Mon bébé chat n’a pas dit un mot, il était bien confortablement installé à mes pieds, personne n’a remarqué sa présence. En traversant l’avion plusieurs hôtesse me font même part de leur étonnement. Un brave petit chaton qui a eu un comportement exemplaire ! Je ne peux pas en dire autant de ma personne : j’ai été d’une humeur irascible et exécrable pendant tout le voyage. Petite pensée pour mon mari, qui est encore actuellement mon mari par je ne sais quel miracle.



On arrive, on passe l’immigration : le stress est à son maximum. Est-ce qu’on a tous les papiers ? Et comment ça se passe pour le chat ? Est-ce que je vais pouvoir rentrer dans le pays ? La tension est telle que j’ai l’impression d’être coupable de quelque chose de grave, je ne vais jamais y arriver. Le premier agent qu’on croise n’est pas des plus sympathiques, il nous ordonne de nous asseoir en silence. On va s’installer en attendant notre tour. Un homme qui voulait prendre une photo se fait méchamment réprimander. L’ambiance est pesante, la tension est à son maximum. Je me rends compte que ces gens derrière leurs bureaux ont mon avenir entre leurs mains. Tout semble se dérouler au ralenti autour de moi. On est finalement appelé par un agent de l’immigration. Il est souriant, il fait des blagues pour détendre l’atmosphère… Que je suis soulagée ! Tout va bien, j’ai mon permis de travail. Je commence à être plus joyeuse. Je suis officiellement au Canada. J’y suis, j’y reste !


Dernière étape pour pouvoir sortir de l’aéroport : il faut récupérer nos bagages. Et oh joie ! Ils nous attendent sagement sur le tapis, pas de casse, tout est là ! On va enfin pouvoir se diriger vers la sortie. Un dernier arrêt pour les papiers du chat, 35$ de taxes et nous voilà libre !


On se relaxe, on souffle, on s’autorise même à sourire ! Deux amis sont également de la partie. Ils sont venus avec nous pour nous aider à nous installer, pour nous soutenir et accessoirement pour visiter un peu le pays. Eux n’ayant pas besoin de passer par la longue case immigration, ils nous attendent à la sortie de l’aéroport, buvant une bonne bière pendant que nous attendions, la peur au ventre, que les dés du destin soient lancés. (Je vous ai dit que j’ai un certain sens du drame...)


Une fois tout ce beau monde réuni il est temps de récupérer la voiture de location pour les 2h30 de route qu’il nous reste à faire. Mais un voyage sans encombre n’est pas un voyage mémorable. La voiture de location qui nous est donnée ne correspond bien évidemment pas au véhicule que nous avions réservé en ligne. Nous avions expressément choisi un Dodge Grand Caravan pour y rentrer 4 adultes, un chat, 6 grosses valises et 4 bagages à main (oui, on voyage légers par rapport à d'autre). La voiture obtenue n’est assurément pas assez grande. Mon mari retourne au guichet de location, une heure d’attente pour avoir le bon véhicule. Le trajet vers Quebec est long, il y a des travaux sur la route ce qui rallonge considérablement le voyage.



Mon chaton, qui était d’un silence de mort commence à ne plus supporter son sac de transport. Il y est depuis plus de 25h, il a grandement besoin de se dégourdir les pattes. Je décide donc de prendre le sac sur mes genoux et de l'ouvrir pour qu’il puisse au moins se mettre debout et s’étirer convenablement. A partir de ce moment, je ne pense qu’au bien être de mon chat et cela me permet de ne pas penser à ma propre fatigue.


Après un changement de conducteur, plusieurs erreurs de navigation, nous voilà arrivés à Québec. Après un voyage de presque 30h. Il nous reste à récupérer les clés de notre logement. Le propriétaire est d’une gentillesse sans nom ! Il a accepté de veiller tard pour nous donner les clés en main propre. On va enfin pouvoir se reposer, libérer le chat de sa cage, souffler un peu. Nous passons la première nuit dans un Airbnb vu que notre appartement est actuellement vide. Je suis trop épuisée pour ressentir la moindre émotions. Je n’ai qu’une envie c’est poser ma tête sur l’oreiller et voir ce que me réservera la journée de demain.

Comments


Post: Blog2_Post

Subscribe Form

Thanks for submitting!

  • Facebook

©2019 par Citrouille & Café. Créé avec Wix.com

bottom of page