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Qu'est-ce qu'on mange ?

  • Photo du rédacteur: Citrouille & Café
    Citrouille & Café
  • 29 févr. 2020
  • 9 min de lecture
Attention, dans cet article je vais critiquer un peu le Québec.
Mais c'est important aussi de critiquer, c'est pour moi la preuve qu'on s'adapte et qu'on a enfin enlevé ses œillères pour faire face à la réalité : il n'y a pas de pays parfait.



Je suis Française et Alsacienne aussi, originaire d'un pays et une région riche sur le plan culinaire. Un parfait mélange de la cuisine française et de la cuisine allemande. Un paradis pour les papilles.


Et me voilà au Canada, connu pour... sa poutine et son pâté chinois.


Oui bon, j'exagère peut-être un peu, mais c'est le sentiment que j'ai eu en arrivant ici. Je ne savais plus quoi manger. Et ma première questions était : "Qu'est-ce qu'on mange au Canada ?". Je suis une adepte de fromage, de crème, de charcuterie (quoi, je mange gras ? mais le gras c'est la vie)


Comme beaucoup je pense, j'ai commencé par jouer la carte de la facilité : acheter seulement ce que je connais. Ça semblait être une bonne idée, mais je vous laisse imaginer le montant du panier une fois à la caisse. Et puis s'en viennent les déceptions parce que finalement, ça ressemble à ce que je connais mais ce n'est pas pour autant la même chose.


Je ne trouvais pas les mêmes sortes de yaourts (on dit yogourt ici, sans prononcer le "t"), il n'y a pas un très grand choix de légumes en conserve, voir de conserves tout court. On trouve du blé d'inde (maïs), des haricots coupés, des fèves, mais pas de choux de Bruxelles par exemple. Je n'ai trouvé des épinards en conserve qu'à un seul endroit. Et puis pas de grande variété de marques différentes pour un seul produit (en soit c'est pas plus mal mais ça donne une impression de manque de choix) Pas de raviolis en boîte ni de cannellonis, pas de soupe de légumes en brique cartonnée... des choses simples qu'on à l'habitude de voir. Les produits les moins cher en France deviennent des denrées de luxe ici (on parle du prix du pesto ?!).


Les premières courses étaient CA-TAS-TRO-PHI-QUE. Je passais trop de temps dans les magasins parce que je ne savais pas quoi acheter, ça me coûtait trop cher et je ne savais pas quoi manger donc je finissais par acheter n'importe quoi.


Bon trop c'est trop ! Il fallait vraiment que je fasse quelque chose et surtout que j'arrête de vouloir acheter ce que je connais ! (mais je vous le rappel : je déteste le changement...)


Pour pallier à mon ignorance totale, je me suis achetée plusieurs livres de recettes écrits par des québécois/québécoises, histoire d'avoir des idées de plats d'ici et donc d'ingrédients à acheter. Faites défiler les images pour toutes les voir :)



Pourquoi j'ai choisi ces livres là ? Parce qu'ils étaient en grosse promotion au Canadian Tire et que j'ai payé moins de 20$ pour les quatre.


L'idée n'était pas mauvaise, mais les plats présents sont quand même assez élaborés et donc pas réellement adaptés à mon alimentation quotidienne. Mais ça m'a donné un petit coup de pouce pour me lancer de manière plus aventureuse dans la cuisine.


Parce que finalement, la clé pour bien manger, c'est de cuisiner soit même non ? Ce n'est pas nouveau et je n'ai rien inventé, mais c'est une chose de le savoir, une autre de s'y mettre réellement.







Petite anecdote amusante : dans ma recherche de livre de recette pas trop cher, je suis allée dans une librairie de livre d'occasion et je suis tombée sur LE livre de recette. Celui qu'il manquait à ma collection et que je ne pensais absolument pas trouver ici, au Québec. ========>


Il est assez vieux et très connu par chez moi !









De mon point de vue d'étudiante fauchée, puis de smicarde encore plus fauchée, doublée d'une grande flemmarde (on ne va pas se mentir), il était extrêmement simple pour moi de manger des plats tout préparés en France et surtout de mal manger. Je ne rentre pas dans les détails mais je ne cuisinais pas vraiment souvent ou alors des plats à base de crème, de fromage et avec peu de légumes. Je mangeais mal, je cuisinais mal et je n'étais jamais motivée. Sans parler de l'état de ma cuisine : un bordel sans nom et une accumulation d'objets tous plus inutiles les uns que les autres. Je n'avais même pas la place de cuisiner correctement.


Mais ici ça va être différent ! Terminée les commandes de nourritures qui coûtent trop cher, fini les fast-food à gogo... Je ne veux que de la cuisine maison, santé et de qualité ! (Révolution !)


Bon, Rome ne s'est pas faite en un jour et je suis loin d'être la parfaite cuisinière mais je fais des efforts et surtout j'essaie de nouvelles choses. Je vous partagerais des recettes de temps en temps ! :)

Se lancer dans le fait maison me permets de découvrir de nouvelles choses et d'être fière de moi (en cas de réussite). Mais il a quand même fallut attendre mes 26 ans et mon installation au Québec pour que je cuisine mon premier rôtis de bœuf (pensée particulière à ma grande sœur qui m'a aidé par Messenger).




Pour cuisiner ici il existe une bible. Un livre que tous les québécois connaissent.


L'encyclopédie de la cuisine de Jehane Benoit.


Il m'a été offert par une collègue et amie face à mon grand désarroi culinaire (et peut-être aussi parce que je mange des pâtes quasiment tous les jours.. mais je n'y peux rien, j'adore ça !).


Je ne la remercierai jamais assez, ce livre est fantastique !!


Ce n'est pas juste un livre de recette, c'est un guide complet de cuisine avec des astuces, des explications sur les aliments, les poissons canadiens et leur saison de pêche, comment cuire les aliments en fonction de ce que l'on souhaite, etc. Je vous le conseil très fortement !



Bon, on arrête l'éloge du fait maison, parce que c'est bien beau de cuisiner soi-même, encore faut-il avoir des produits de qualité.
Et c'est là que le bât blesse. (je vous avais dit que j'allais critiquer)

En France, mon mari avait fini par refuser que j'achète des légumes en provenance autre que de la France. On remarquera ici un début de changement tout de même dans ma manière de consommer. Quoi qu'il en soit j'essayais de consommer local, principalement de ma région et j'étais rarement déçu de la qualité des légumes.


Pour le Québec, c'était un peu plus flou pour moi. Est-ce que si ça vient des Etats-Unis c'est local ? Il y a une frontière à moins de deux heures de voiture... Mais non ce n'est pas le même pays ! Ce qui exclue d'emblée les produits en provenance du Mexique et de tout ce qui se trouve plus au Sud. Je décide donc de consommer principalement des produits de saison, cela va sans dire, et originaire du Canada. Oui mais le Canada en fait c'est un peu grand. Est-ce que en provenance de Vancouver c'est toujours local ? Bon, on va essayer autant que possible de se limiter au Québec (qui fait quand même 5 fois la France en superficie). Un petit casse tête parce que les distances ici sont bien plus grandes.


Ma plus grande constatation négative fut la durée de conservation des fruits et légumes et leur manque de goût.


- Retrouver des asticots dans une pêche, deux jours après l'achat [x] Fait !

- Retrouver des pommes de terre moisies moins de deux semaines après l'achat [x] Fait !

- Manger des oignons et poivrons remplis d'eau et qui moisissent terriblement vite [x] Fait !


Quand je vous dis "moisies" c'est pas des blagues. Je n'avais jamais été confronté à une pomme de terre verte et noire tellement molle qu'elle en tombe en morceau, et encore moins en une ou deux semaines. En France je pouvais oublier une pomme de terre dans un coin, au pire elle était germée de tous les côtés et toute rabougrie.


Bref, vous l'aurez compris, des produits à consommation très rapide et pas toujours qualitatifs. Pour information je concentrais mes achats dans les supermarchés les moins cher (MAXI, SUPER C, WALMART).


MAIS ATTENTION ! Je n'ai pas eu que des mauvaises surprises. Mais c'est un constat que je n'ai pas fait seule. Lors de discussion avec d'autres Français on arrive toujours à la même conclusion : les fruits et légumes des grandes surfaces sont de mauvaise qualité (selon nos critères).


Et puis un jour pluvieux d'automne, j'ai découverts les légumes du Costco.

Alors là niveau durée de consommation ils battent des recors ! Deux mois, c'est le temps que j'ai gardé fermée une barquette (de 900g tout de même) de tomates cerise dans mon réfrigérateur (bouhou elle mets ses tomates au frigo, oui je sais). Elle étaient certes un peu ridées, mais toujours parfaitement consommables, pas la moindre trace de moisissure. Délicieuses d'ailleurs confites au four. Il en est de même avec des choux de Bruxelles, achetés en décembre, consommés en février. Alors on se demande peut-être ce qu'il y a dedans pour les faire durer aussi longtemps. Mais ce n'est pas le sujet ni le but de cet article.


Je me retrouve donc avec d'un côté des légumes éphémères et de l'autre des légumes éternels. Que faire ?


Et bien j'ai trouvé la solution ! Enfin, une forme de solution. Je commande des paniers de produits locaux, bio quand c'est possible (mais qu'est-ce que ça veut vraiment dire bio ? Je sais pas mais c'est vendeur et plein de terre) et a des prix abordables ou en lien avec la qualité des produits.


Pour le moment j'en suis à ma deuxième semaines de paniers, pas suffisant pour vous faire un avis complet et constructif sur mon expérience, mais ça me permets quand même de vous donner mes premières impressions.


Il s'agit des paniers de la Ferme Lufa Je vous laisse aller faire un tour sur leur site pour plus d'information. Le marché est disponible, il suffit de laisser charger la page.


Le principe est simple : un panier par semaine d'une valeur minimum de 20$, pouvant se composer de tout ce qui est présent sur le marché (viande, produit surgelé, boulangerie, fruit, etc.). Possibilité d'annuler un panier pour une semaine sans frais.


Je ne vous le cache pas, le montant du panier grimpe vite avec tous les choix possibles et ce n'est pas forcément gage d'économie. Mais finalement, je préfère payer un peu plus cher et avoir de la qualité... parce que je me souviens de mes pêches moisies et mes poivrons sans goûts.


Il faut aussi prendre en compte une petite chose qui a son importance ici au Canada : la puissance de l'hiver. Quand tout est gelé dehors, on les trouve où les légumes ?


Chacun son opinion sur la question mais la Ferme Lufa à une solution : la production sous serre, sur les toits de la ville.



Voici une photo du contenu de mon premier panier avec le détail et les prix.



Mon second était composé de moins d'article et m'a coûté 25$ mais avec des produits plus cher comme ces délicieuses saucisses Alsaciennes !!






J'aime vraiment le principe, la commande est simple, le report d'un panier aussi (ce que j'ai fait pour ma troisième semaine). J'aime le fait d'avoir un point de cueillette proche de chez moi ou la livraison possible à domicile pour 5$, en voiture électrique. Ma première impression est très positive et je suis satisfaite de la qualité des produits. Ils tiennent dans le temps de manière "normale" et ont vraiment du goût.


Mais je vous rappelle que nous ne sommes que deux ! Le premier panier était largement suffisant pour tenir une semaine sans difficulté. Il est certain que pour une famille avec plusieurs enfants c'est un budget bien plus conséquent.


Mais je suis à un stade de ma vie où finalement je ne cherche plus à consommer moins cher mais à consommer mieux, sans pour autant avoir besoin de me priver et de vendre un rein.


J'essaie d'avoir l'air d'une adulte responsable, qui fait attention à ce quelle mange et qui fait de belles photos sur Instagram.


Je me suis fixée comme objectif de cuisiner le weekend pour le reste de la semaine (ouais je me lance dans le "meal prep" comme on dit). En réalité c'est surtout parce que je suis obligée de me cuisiner mes lunchs pour le travail car je n'ai pas de cantine et que je ne veux/peux pas manger au restaurant tous les jours. Et puis c'est vraiment culturel ici. Tout le monde emporte son lunch au travail et à l'école. Ils ont d'ailleurs de magnifiques sacs à lunch !


Cuisiner le weekend me fait gagner du temps pour le reste de la semaine, me permet de bien manger et d'éviter les repas sur le pouce, de contrôler mon alimentation, ça évite le gaspillage car tout est utilisé pour plusieurs repas et ce qui n'est pas mangé va au congélateur... que des avantages ! Ou presque. C'est une vraie organisation, il faut avoir tout ce qu'il faut sous la main et accepter de sacrifier plusieurs heures sur le weekend.


On va pas se mentir, il y a eu des weekends où j'ai eu la flemme de ma vie et où je n'ai rien cuisiné. Résultat ? une semaine de galère culinaire, obligée de cuisiner le soir en rentrant alors que je n'avais qu'une envie : manger et me coucher. C'est comme ça que je me retrouve à manger une conserve de soupe de lentille franchement pas bonne, un vendredi au boulot (petite pensée à ma collègue Julie qui se moque systématiquement de ma grimace de dégoût).


Bon, tout ça pour dire quoi ?


Tout ça pour dire que vous trouverez facilement les produits dont vous aviez le plus l'habitude en France mais que ça vous coûtera forcément plus cher. Il y a de nombreuses épiceries Européennes, de très bons fromages, des boucheries (la viande est vraiment qualitative ici !) et des boulangeries. Avec un peu de recherche et d'adaptation vous pourrez manger "presque" comme avant.


Et puis vous goutterez à la poutine, au pâté chinois, aux croquettes de poisson, aux fèves au lard, au sandwich à la viande fumée (smoked meat), aux cretons, à la tourtière, au pudding chômeur, aux queues de castor, aux côtes levées, à toute une panoplie de recette avec de l'érable comme le jambon à l'érable, ... Finalement, on mange pas si mal au Canada.


















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